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Le projet Land-At-Scale, dénommé « Projet de renforcement de la gouvernance foncière pour la sécurité alimentaire au Burkina Faso », a officiellement pris fin après trois années de mise en œuvre. La cérémonie nationale de clôture s’est tenue ce mardi 29 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, sous le thème « De la terre au droit, du droit à l’avenir ». Mis en œuvre par un consortium composé de Nitidæ, Oxfam et de l’Observatoire national du foncier au Burkina Faso (ONF-BF), avec le financement de la Netherlands Enterprise Agency, le projet a notamment œuvré à améliorer l’accès des femmes et des jeunes à la terre et à renforcer les mécanismes locaux de gouvernance foncière.
Dans un contexte où l’accès à la terre demeure un enjeu majeur pour la production agricole, la cohésion sociale et la sécurité alimentaire, le projet Land-At-Scale entendait contribuer à une meilleure gouvernance du foncier dans plusieurs localités du pays. Son objectif général était d’améliorer la sécurité alimentaire et la résilience des femmes et des jeunes en sécurisant leur accès à la terre et en renforçant les pratiques de gouvernance et de gestion foncière.
Durant trois années, les interventions ont porté sur plusieurs volets, allant de la sensibilisation à la sécurisation foncière, en passant par le renforcement des capacités des acteurs locaux, la prévention des conflits et la valorisation économique des terres sécurisées. Au titre des principaux résultats, le projet a permis de produire 1 343 documents de sécurisation foncière, dont 686 attestations de possession foncière rurale (APFR) délivrées au profit des femmes et des jeunes, tandis que 439 autres étaient en cours de délivrance. Au total, environ 5 116 hommes, femmes et jeunes bénéficient aujourd’hui de documents fonciers.
L’outil MAST (Mobile Application to Secure Tenure), introduit et vulgarisé dans le cadre du projet, a également permis l’enregistrement de 4 232 hectares de terres dans les dix communes d’intervention. Pour les responsables du projet, l’enjeu n’était cependant pas seulement de produire des documents. Il s’agissait également de permettre aux acteurs locaux de maîtriser durablement les procédures de sécurisation foncière.
« Pour sécuriser, il faut d’abord avoir l’information », a souligné Issoufou Ganou, porte-parole du consortium et représentant de l’Observatoire national du foncier. Il a relevé que les services fonciers des communes accompagnées disposent désormais de compétences techniques et d’équipements leur permettant notamment d’effectuer les levées de terrain et de maîtriser le processus de délivrance des documents fonciers. Selon lui, plusieurs communes, notamment Satiri, Péni, Toussiana, Karangasso-Vigué, Karangasso-Sambla et Bama, ont enregistré des avancées dans la délivrance des attestations de possession foncière rurale. La gouvernance locale renforcée
Le projet a également mis l’accent sur la gouvernance foncière locale et le suivi citoyen. Neuf mécanismes de suivi citoyen de la gouvernance foncière, à travers les Cellules d’interpellation citoyenne (CIC), ont été mis en place et rendus fonctionnels. Ces structures ont effectué 54 sorties de suivi et de collecte d’informations et organisé 25 tribunes d’interpellation des autorités communales. Par ailleurs, 186 Commissions foncières villageoises (CFV) et 186 Commissions de conciliation foncière villageoise (CCFV) ont été opérationnalisées. Ces dernières ont contribué au traitement de 305 conflits fonciers. Pour Emmanuel Ouédraogo, président de la délégation spéciale de la commune de Satiri, l’intervention du projet a contribué à apaiser les tensions liées au foncier dans sa commune.
« Pour résumer les acquis, nous pouvons dire de façon globale que grâce à l’intervention du projet dans nos communes, plusieurs cas de conflits ont été évités », a-t-il déclaré, saluant notamment le renforcement des services fonciers, l’accompagnement dans le traitement des demandes d’APFR et la mise en place des CFV et CCFV. Au-delà des mécanismes locaux, le projet a contribué à la mise en place d’un cadre de concertation entre les différents acteurs de la gouvernance foncière, dénommé Secrétariat de coordination sur le foncier (SECOR). Femmes et jeunes au cœur des interventions
L’une des particularités du projet réside dans l’attention accordée aux femmes et aux jeunes, considérés comme des catégories particulièrement vulnérables en matière d’accès à la terre. Les actions de sensibilisation ont touché un large public. Trente-six campagnes radiophoniques, comprenant 23 émissions et 13 magazines, ont permis de toucher environ 360 000 personnes. Quarante-deux types de supports de communication ont également été produits. Neuf campagnes de plaidoyer en faveur de cessions sécurisées de terres aux femmes, aux jeunes et aux personnes déplacées internes ont, pour leur part, touché 942 personnes, dont des responsables coutumiers, des propriétaires terriens et des autorités communales.
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