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À 17 jours de l’ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Aujourd’hui, nous mettons à l’honneur Dr Haoua Koné-Tago, spécialiste des technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (TICE), chercheuse en sciences de l’éducation et fondatrice d’un réseau dédié à l’accès des femmes au numérique. De la salle de classe aux programmes de recherche africains, elle a consacré plus de trente-cinq ans à une même ambition : faire de la technologie un moyen d’apprendre, de transmettre et de réduire les inégalités.
Madame KONE ¨TAGO Haoua, professeur d’anglais a commencé à utiliser les outils numériques en décembre 1995 lors de son initiation en informatique au Lycée Technique de Ouagadougou (ex LTO), devenu aujourd’hui Lycée Technique National Aboubacar Sangoulé LAMIZANA. Cette initiation était destinée aux professeurs de l’enseignement technique et professionnel du LTO, du CETO et du Centre austro.
En juin 1997, madame KONE professeur d’anglais a bénéficié pour la 1ère fois d’une initiation à l’INTERNET au Benin, grâce au projet allemand UNEVOC/ UNESCO. Cela lui a permis d’obtenir le premier financement pour l’achat au CENATRIN d’un équipement d’ordinateur Complet flambant neuf pour une connexion INTERNET afin d’initier une équipe d’enseignants qui a constitué la cellule UNEVOC/ UNESCO du Collège d’Enseignement Technique (EX CETO), actuel Lycée professionnel Technique de Ouagadougou, situé côté nord du CENASA.
En 2003, Internet est encore loin d’être un outil quotidien pour de nombreux enseignants burkinabè. Pourtant, Haoua Koné-Tago s’intéresse déjà à la formation à distance et crée un réseau pour faciliter l’accès des femmes aux nouvelles technologies. Elle a compris une chose essentielle : l’arrivée des ordinateurs dans les écoles ne changera rien si les enseignants ne sont pas formés et si une partie de la population reste à l’écart. Son parcours raconte cette double bataille, éducative et sociale. De la salle de classe aux premières innovations pédagogiques
Sa carrière débute au commencement des années 1990. Après un stage à Houndé, elle enseigne l’anglais à Saponé, puis le français et l’anglais au Collège d’enseignement technique de Ouagadougou, de 1992 à 2000. L’expérience de terrain lui fait connaître les réalités des établissements, les besoins des élèves et les contraintes auxquelles les enseignants sont confrontés.
Devenue inspectrice, elle rejoint en 2000 l’Institut pédagogique du Burkina, où elle travaille sur les classes multigrades et les cours à double flux. Dès 2001, elle participe aux réflexions sur les écoles satellites, l’éducation de base non formelle et l’intégration des TIC dans l’enseignement. Son intérêt pour le numérique naît donc d’une question pédagogique : comment donner à davantage d’enfants et d’adultes de meilleures conditions d’apprentissage ? Apprendre à enseigner autrement, même à distance
Au début des années 2000, elle se forme à des méthodes encore peu répandues. En 2002, elle obtient à l’Université du Mans un diplôme de communicateur multimédia dans le cadre du Réseau africain de formation à distance (RESAFAD). L’année suivante, elle étudie l’ingénierie de la formation à distance auprès du CNED, à Poitiers, et suit une formation sur le diagnostic du secteur éducatif.
De mai 2004 à février 2007, elle devient correspondante du RESAFAD auprès du ministère burkinabè de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation. Elle forme les personnels à l’informatique avant de prendre, en février 2007, la tête du service ministériel des TIC, fonction qu’elle exerce jusqu’en juin 2008. À ses yeux, équiper une administration ou une école n’est qu’une première étape : il faut surtout accompagner celles et ceux qui utiliseront les outils.
Elle approfondit cette expertise avec un master en utilisation des TIC pour l’enseignement et la communication, obtenu en 2006 à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, puis un master en gestion des systèmes éducatifs à l’Université Senghor d’Alexandrie, entre 2009 et 2011. Elle poursuit enfin un doctorat à distance en sciences de l’éducation à Atlantic International University, de 2013 à 2015. 2003 : un réseau pour que les femmes ne restent pas à l’écart
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